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Le journalisme, une profession en crise ?

Peut-on encore faire confiance aux journalistes ? Un son de cloche qui résonne au sein de la société. Trop de sensationnalisme, trop d’erreurs, trop de désinformation, trop de fausses nouvelles, trop d’informations promotionnelles… Le travail des artisans de l’info souffrait-il de cette hypertrophie ?

Au fil de ces dix dernières années, un fossé s’est progressivement créé entre les journalistes et la population. Une désaffection qui s’illustre sur les réseaux sociaux, par des critiques virulentes adressées à ces derniers. De même, il existe une frustration marquée par le désintérêt pour la presse traditionnelle. On reproche très souvent aux médias de manquer d’authenticité, de qualité et de véracité.

Pour répondre à cette inquiétude, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec a organisé la « semaine de la presse et des médias » (du 29 avril au 5 mai). Cette initiative a permis de programmer différents événements pour promouvoir le travail journalistique et valoriser le rôle des médias dans la société.
Cette semaine s’est clôturée par la première édition du Gala des Grands Prix du journalisme.

« Toute la vérité, rien que la vérité »

Pour redorer son blason, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec a organisé son premier Gala. Cette soirée a souligné « l’excellence en journalisme ».
La FPJQ tente à maintes reprises de rappeler que les artisans de l’information s’engagent à dire « la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. » Par ailleurs, la Fédération radote que « le seul intérêt que les journalistes défendent est celui du public ». Avec certains facteurs comme la convergence et la concurrence qui fragilisent la profession, il est difficile de croire au discours utopique de la FPJQ. Mais, il serait fallacieux de condamner l’ensemble des journalistes. Toutefois, la Fédération reste optimiste. Son souhait premier est de rétablir la confiance entre les citoyens et les médias.

Beaucoup de journalistes, mais peu d’emplois

Le Gala des Grands Prix du journalisme a récompensé des étudiants et des finissants. Lors de l’une des remises de prix, un des récipiendaires a souligné le manque de place au sein de la profession. « On a de bons journalistes. Est-ce qu’il y a des médias pour les engager ? » Si la plupart des journalistes fraîchement diplômés convoitent un travail dans leur domaine, les offres d’emplois au Québec deviennent de plus en plus rares.
Est-il donc difficile de vivre de cette profession ? Selon le données les plus récentes de Service Canada, moins de 15 % des Québécois occupent un travail dans ce milieu. De même que l’on compte chaque année une trentaine de nouveaux journalistes qui intègre ces postes.

Autres difficultés. Au cours de ces dernières années, la presse traditionnelle a été victime de nombreuses suppressions de postes.
L’état de l’emploi dans les secteurs de la presse est très préoccupant. Des événements néfastes se sont multipliés : abandon du support imprimé, faillite, licenciement et démission. En 2015, on se souvient que le journal La Presse avait supprimé 158 postes, dont 43 emplois à la rédaction. Parallèlement, chez nos voisins états-uniens, le New York Daily News avait licencié en 2018 « près de la moitié de ses employés » de la rédaction. En outre, ce n’était pas son premier plan de suppression puisque le quotidien avait déjà procédé à plusieurs vagues de licenciement. Les agences de presse ne sont pas épargnées par la crise. En février 2019, Reuters annonce la suppression de 25 postes de journaliste en France.

Les médias alternatifs, une solution face à la crise de confiance ?

Les médias alternatifs ne sont pas affectés par la crise financière qui touche les médias de masse. De même, leur popularité est en croissance. Qu’est-ce qu’un média alternatif ? Selon la définition de l’encyclopédie, un média alternatif offre tout « un ensemble de perspectives et d’idées qui ne sont pas couramment véhiculées par les différents produits médiatiques ou services d’information à but lucratif qui dominent le paysage médiatique canadien. Il englobe les formats médiatiques traditionnels, tels que les livres, les journaux, les magazines, la télévision, la radio, et les films, ainsi que des formats non traditionnels, considérés comme “nouveaux” (magazines en ligne, balados et autres publications virtuelles). »

Les citoyens reprochent trop souvent aux médias de masse d’être instrumentalisés par les grandes entreprises. La population se protège constamment de la « manipulation » de ces derniers.
Selon le président de la FPJQ, Stéphane Giroux, il ne faudrait pas blâmer le public pour son manque de confiance. Il est convaincu qu’un journalisme de qualité est la seule réponse légitime à la crise.

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