OPINION

Chère mémoire sélective

Bienvenue au mois de mars !

Ce mois où nous nous hâtons de rencontrer le printemps en sachant que celui-ci ne sera pas au rendez-vous. Il faut donc prendre son mal en patience et se résigner à cohabiter avec l’hiver québécois. Une analyse très cocasse, puisque chaque année nous espérons la même chose, mais rien n’a changé et rien ne changera. Est-ce qu’une grande partie de la population souffrirait-elle d’amnésie ?

Vivre le moment présent en toute insouciance est une chose que nous arrivons à faire quand cela nous arrange. J’appellerais cela avoir la mémoire sélective. Dans certaines situations personnelles, ne pas se préoccuper du lendemain et oublier le passé est très sage, mais lorsqu’il s’agit d’événements historiques ou d’enjeux sociétaux, il serait incongru de faire l’autruche.

Cela fait quelques jours que le Mois de l’histoire des Noirs s’est terminé. 28 jours où le mot « noir » est valorisé. 28 jours de festivités, 28 jours de conférences, 28 jours d’expositions, 28 jours de commémorations ou encore 28 jours de mises en scène où apparaissent des personnalités prolixes trop souvent atteintes d’une ignorance abyssale… Et pourtant, parmi elles, certaines reprendront leur sommeil de 337 jours et déposeront leur cap d’activiste au pied du lit.

L’initiative d’avoir un mois de l’histoire des Noirs en Amérique du Nord n’est pas saugrenue. Néanmoins, ce qui décrédibilise ces semaines commémoratives est l’invasion de parasites qui utilisent la cause pour servir leurs intérêts. L’activisme est aujourd’hui un terme galvaudé. Peu sont ceux qui luttent dans les coulisses à temps plein. Mais ne soyons pas manichéens. Tout n’est pas si sombre, heureusement !

Petite question, avez-vous déjà participé à des activités organisées par les communautés noires ? Si oui, qu’avez-vous appris que les livres scolaires québécois ont manqué de nous enseigner ? Je dirais « plusieurs choses ».  
Une des soirées qui m’a le plus marquée est la représentation de la pièce « Blackout ». Réalisée par Mathieu Murphy-Perron, cette œuvre contextualise l’occupation de 1969 par les étudiants de Sir George Williams – ancien nom de l’Université de Concordia – qui ont protesté contre la mauvaise gestion de l’établissement à la suite d’une plainte pour racisme déposée par des « antillais » contre leur professeur. Après deux semaines d’occupation, l’escouade antiémeute intervient pour disperser les manifestants. La police procède à une centaine d’arrestations. Ainsi, les scénaristes ont usé d’honnêteté intellectuelle pour retracer la série d’événements ayant conduit à ce soulèvement.
On imagine que cette pièce est le résultat de nombreuses heures de travail, notamment de recherches, pour obtenir une version qui se reposerait sur le témoignage des protestataires.

Cette phrase populaire « l’histoire est écrite par les vainqueurs » n’est pas dénuée de sens, j’apporterais quelques ajustements à cette citation en remplaçant le mot « vainqueurs » par « oppresseurs ». Dans une époque – les années 60 – où être noir n’était pas à la mode, des groupes de personnes ont assisté à de nombreuses injustices et ont vu leur histoire disparaître au fil des années.

Y a-t-il une volonté de vouloir diluer l’information et effacer les souvenirs lancinants ? Une réponse à cette interrogation ne se trouvera sûrement pas dans le programme scolaire ou le journal de 20 h. Doit-il y avoir une réforme de l’éducation au Québec ? Oui. Mais qui oserait s’attaquer au ministère de l’Éducation ? Sûrement pas les pseudo-activistes qui ont un agenda très chargé. Se rendre à tous les 5 à 7 et se faire prendre en photo avec des personnalités, n’est pas de tout repos.
Mais peut-être aurions-nous une réponse lors de la prochaine édition du Mois de l’histoire des Noirs.

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un commentaire

  1. Très bonne article … les themes abordés y sont tres interessants notamment le mois de mars et son habituel froid auquel les gens de montreal ne semblent toujours pas s’y habituer. Ainsi que le mois de fevrier et le black history month… et cest vrai
    Le sujet pretes a debattre notamment concernant celui qui devrait ecrire lhistoire… serait il toujours le vainqueur ou plutot il serait l’oppresseur !

    Aimé par 1 personne

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